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Koah par ci, Koah par là..., un peu de ci, un petit peu de ça..., un peu de Yang, un peu de Yin..., pas à pas sur la voie chemine.

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La nuit était tombée...

 

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           La nuit était tombée, les dernières rafales de vent avaient lavé le ciel et je sortis sous le firmament. Le regard montait, montait, se perdait dans les milliards d’étoiles scintillantes, où certainement d’autres êtres pensants
devaient essayer de comprendre, de survivre.
 
« Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. » (Saint-Exupéry)
 
Ma religion, la source de ma vie spirituelle, était ici neige et glace, fatigue et émotion devant la bête prise au piège, devant l’oiseau qui s’arrêtait et me regardait d’un œil rond rempli d’étonnement.Elle était la peau de castor qui séchait sur le mur, le feu qui ronronnait doucement dans le poêle, faussement apprivoisé, et tous ceux auxquels je pensais avec tendresse.C’était le cœur du présent, la dignité de l’instant où chaque geste prend l’aspect d’une prière.
 
Je commençai à lutter contre mes peurs, réflexes crispés pour se protéger de la vie, pour couver mes propres insuffisances. Me lancer en plein Bois plongé dans la noirceur, avec les bruits inquiétants, l’obscurité noyant les formes et les contours, était encore au-dessus de mes forces, mais je m’obligeai à marcher lentement autour de la maison. Chaque jour, j’apprendrai à m’éloigner un peu plus des lumières. Ce soir-là, je ne barricadai pas ma porte avant d’aller me coucher, détail insignifiant mais qui me préparait à accepter l’inconnu.
 
Le lendemain, mon rituel du matin fut empreint de sérénité. Il me semblait devoir être attentive à chaque geste, verser l’eau bouillante sur le  café, couper une tranche de pain, manger en savourant chaque bouchée, pour laisser mon esprit, paisible comme l’eau, ne pas troubler par une agitation  cérébrale l’éclat de mon émotion de la veille. Ne rien changer à l’écoulement  du jour, mais le vivre avec plus d’intensité.
 
Je montai au lac de Huard déneiger les collets et les pièges ; le vent était totalement tombé, le ciel avait retrouvé sa belle couleur outremer, mais la tempête avait laissé ses empreintes. La neige collante et mouillée s’affaissait par plaques et alourdissait les raquettes ; par moments, de longs frissons parcouraient la forêt parsemée de branches brisées, d’arbres couchés au travers de la trail. Et pourtant la vie du Bois s’était ranimée, milles petites pattes avaient repris leurs courses, oublieuses des jours tourmentés à rester cachées à l’abri d’une souche ou d’un terrier. Je repérais les emplacements par la force de l’habitude, sous l’épaisse couverture de neige compacte. La tournée fut longue et fatigante, et je retrouvai la maison avec satisfaction.
 
Là, les membres détendus et pesants de fatigue, je laissai mes pensées reprendre leur vol tandis que lentement le jour s’obscurcissait, envahissant la pièce d’une ombre protectrice et qu’à l’horizon apparaissait, scintillant et délicat, le dernier quartier de lune.
 
Je pensais à Claude dont l’arrivée prochaine me réjouissait, mais sans hâte inquiète, avec une émotion calme. Ce qui nous rapprochait me devenait plus clair et j’y voyais désormais non plus le risque de perdre ma personnalité au profit de l’harmonie du couple, mais la chance de poursuivre ensemble la même recherche. Une partie de moi, la plus intense, avait commencé à vivre, et j’éprouvais une grande joie de pouvoir la partager avec quelqu’un qui m’était cher. Qu’il eût déjà ressenti ce que je venais de découvrir me semblait évident, et je lui savait gré de l’avoir gardé secret, pour me laisser seule m’en pénétrer. Que le sentiment qui nous liait soit de l’amour, que le futur nous réservât ou non des aventures communes «était moins important pour moi que le fait de savoir que son existence m’émouvait, au sens premier du terme, m’aidait à avancer.
 
Car je ne doutais pas que les jours prochains connaitraient de nouvelles inquiétudes, de nouveaux doutes. Je n’avais pas trouvé le bonheur, une terre définitive où me coucher pour dormir, mais une force pour aller de l’avant, pour apprendre au travers des obstacles à vivre plus proche, plus digne de la Grâce que je portais en moi.Je n’étais pas cuirassée contre la peur ou le découragement, je devinais que je devrais même m’y exposer. Je pressentais des combats plus rudes que ceux que j’avais connus jusque là, des heures amères qui, toujours, me pousseraient de l’avant. Ces douleurs, il me faudrait apprendre à les aimer, comme les contractionsd’un accouchement. Je pensais à tous ceux qui se débattaient dans l’angoisse de vivre, et je m’avouais que c’était une chance de ne connaître ni confortable ennui ni acceptation résignée de ma misère morale. La douleur nous poussait un jour à briser ce qui nous tenait à genoux, une force obscure nous entrainait vers la lumière que nous gardons enfouie en nous. Des phrases lues ces derniers jours me revenaient avec force en mémoire comme des messages prémonitoires :
 
« On n’est pas grand dans la satisfaction de soi-même. L’homme qui voudrait penser purement avait d’abord à être… Mais hélas ! Comment faire aujourd’hui pour démêler en soi ce qui est nécessité et ce qui est contingence, ce qu’on a hérité tel quel et ce qu’on s’est acquis à soi-même, ce qui en nous exprime vraiment l’être et ce qui exprime l’être social ?... On ne pense pas d’occasion. »  (C.F. Ramuz)
 
Parce qu’il poursuivait la même quête, par ce que je sentais en lui d’inflexible, la présence de Claude à mes côtés, dans mes pensées, écartait de moi mes propres complaisances. Notre relation me semblait fondée sur le partage d’une même recherche, et, si elle m’apportait une profonde joie du cœur, elle devenait aussi un peu le témoin de mon évolution. Ainsi ma tendresse, libérée des craintes d’être à nouveau prise au piège, pouvait s’épanouir librement.
 
 
 
 
 
 
 
Photo : eric vuong
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A
J'apprécie beaucoup ce texte ... un peu long ... mais valant la peine, proche de mon existence ... hier soir la conférence sur les constellations familiales (en gros, en nous il y a aussi la vie de nos parents, grands parents ... des répétitions... ) étaient faites par deux personnes honnêtes et soucieuses simplement que la personne se sente mieux. bises
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D
A lire dans la sérénité pour se laisser imprégner des lieux, des sentiments...et savourer~~***
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P
bonjour<br /> puisque tu aimes les mots je t'invite à venir partager tes ecrits avec nous sur http://palmiereveur.forumparfait.com et aussi pour faire connaissance avec les poetes et poetesses du monde francophone<br /> merci d'accepter l'invitation
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:
très beau ce texte qui montre bien le cheminement de la pensée vers la prise de conscience et l'acceptation vers le bonheur.<br /> Bonne soirée<br /> bises
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V
Voila je suis venus faire ma lecture , il suffit d'y croire tu as vu ! bon bin peut être a demain Koah .
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