Alors qu'il avait toujours prôné la nécessité de changer si l'on souhaitait progresser aux niveaux personnel et spirituel, de Mello se ravise et affirme :
"Avant je vous disais toujours: « Changez ! Changez !, même si c'est pour le plaisir de changer. Tant que vous n'aurez pas une raison forte et positive pour ne pas changer, changez ! Changer c'est se développer, changer c'est vivre; alors, si vous voulez continuer de vivre, continuez de changer.»
Soudain, il change complètement d'avis :
" Eh bien, maintenant ,je vous dis le contraire: ne changez pas. Changer n'est ni possible ni souhaitable.
Laissez tomber. Restez comme vous êtes.
Aimez-vous tels que vous êtes.
Et si au bout du compte le changement est possible, il aura lieu par lui-même, quand il le voudra et s'il le veut.
Fichez-vous la paix!
Selon de Mello, la raison première qui nous amène à vouloir changer, c'est que nous ne nous acceptons pas nous-mêmes. Or, le seul changement acceptable est celui qui provient de l'acceptation de soi.
" Nous ne tolérons pas un défaut, une faille, une faiblesse morale ou psychologique en nous-mêmes, nous nous acharnons à les corriger avec un total mépris de ce que nous sommes et une violence voilée.
Nous avons honte de nous-mêmes, nous éprouvons de la rage ou du dégoût, ou nous sommes simplement impatients, et nous nous imposons le devoir de changer pour redevenir des personnes respectables à nos yeux et face à la société.
Nous changeons pour être acceptés, pour répondre aux attentes dont nous sommes l'objet, pour nous ajuster à l'image idéale que avons conçue de nous-mêmes et que nous portons intérieurement.
Manquant de patience à l'égard de nous-mêmes, nous nous faisons violence pour changer et cela ne marche jamais. La violence n'aide jamais à la croissance.
Le seul changement acceptable
est celui qui provient de l'acceptation de soi.
Le changement ne peut jamais être forcé : le changement arrive.
La résistance que nous opposons à nous-mêmes ou à une tendance quelconque à l'intérieur de nous-mêmes ne sert qu'à renforcer cette tendance et rend le changement impossible".
Le grand paradoxe du changement est que nous arrivons à l'atteindre quand nous l'oublions.
Photo : Victoria Prada