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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 01:44

 



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           Les Etres qui s’aiment se disent parfois l’un à l’autre : pour moi, tu es un ange de tendresse. Ils expriment ainsi tout le bien que leur fait une telle tendresse de la part de l’autre, quand ils ne se sentent pas traités comme une possession mais comme un précieux trésor que l’on ne peut approcher qu’avec précaution. Mais la tendresse ne caractérise pas seulement la relation entre les amoureux ; elle est devenue aujourd’hui une vertu moderne. Dans un monde où prédomine la violence, les êtres jeunes ont la nostalgie d’un autre modèle relationnel, d’un climat de tendresse. Ainsi se développe un style de vie marqué par elle, une culture de la tendresse. La tendresse, c’est l’art de traiter délicatement les êtres humains, la nature et même les choses. Même si la notion est typiquement moderne, le phénomène se retrouve dans tous les temps. La Bible est pleine de rencontres tendres. L’Epître à Tite (3,4) nous dit que la tendresse de Dieu (la charis, sa grâce, sa bonté) nous est apparu sous les traits de Jésus-Christ. Avant de mourir, l’écrivain Henrich Böll a réclamé une théologie de la tendresse ; il avait trouvé lui-même dans le Nouveau Testament -la théologie d’une tendresse « qui toujours guérit ».
    
           L’ange de la tendresse a pour but de nous initier à l’art de traiter avec délicatesse non seulement les êtres humains, mais encore tout ce que nous prenons entre nos mains. Le mot « tendresse » implique l’amour et aussi la délicatesse, la fragilité. On ne peut user de tendresse envers un être que si l’on s’est pris d’amour, d’affection pour lui. Alors, on ne pèse pas sur lui, on ne le prend pas par la brutalité, on ne le critique pas durement. On ne le contraint pas à livrer tous ses secrets. On l’aborde avec les égards, les précautions de la tendresse. On peut être tendre en paroles, dans le rapport aux autres. Dans une telle atmosphère, où l’autre se sent précieux et respecté, où il découvre sa propre beauté, la tendresse se manifeste aussi par des attentions : la délicatesse du contact, de la caresse, du baiser. Dans une telle tendresse, c’est l’amour même qui coule à flots entre les êtres, un amour qui ne retient pas, qui n’émet aucune revendication de propriété, mais qui au contraire laisse aller l’autre, respectueux, sensible à son mystère.
    
          Traiter les choses avec tendresse, c’est par exemple prendre en main un livre avec des gestes mesurés, parce qu’il a pour moi une valeur. Je suis souvent choqué par la brutalité avec laquelle certains traitent leurs livres. Quand ils les ont lus, on peut à peine encore s’en servir après eux. La brutalité, nous disent les psychologues, est souvent l’expression d’une sexualité refoulée. La tendresse, elle, est l’expression d’une sexualité intégrée. Celle-ci se coule dans tout ce que nous faisons dans la vie, dans chaque contact, dans chaque travail, dans toute relation aux êtres et aux choses. Nous traitons avec délicatesse la tasse, l’assiette que nous posons sur la table ; nous prenons en main nos outils avec douceur. Saint Benoît attend de l’intendant du couvent qu’il traite tous les ustensiles ménagers de la même manière que les vases sacrés. En toute chose, c’est en dernier ressort le Créateur que nous touchons.
   
           Je te souhaite, ami lecteur, de faire cette expérience : rencontrer des anges de tendresse qui créent autour de toi un climat où tu puisses t’épanouir, être pleinement ce que tu es, t’abandonner, te sentir bien, tout simplement. Et je souhaite qu’il te soit donné d’être toi-même pour les autres un tel ange. Pour le pouvoir, il te faut d’abord aller à l’école de l’ange de la tendresse, pour y apprendre à user de délicatesse envers tout ce qui vient à toi et que tu touches, et à créer ainsi autour de toi un espace où les autres se sentent bien, en sécurité.
 
 
 
 
Anselm Grün, Petit traité de spiritualité au quotidien
Photo : Ralf Niederer, sad angel
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 00:08

 

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La liberté, nous y aspirons tous avec ardeur. Nous souffrons en effet quand nous ne nous sentons pas libres. Quand nous sommes déterminés par autrui, qu’en leur présence nous ne pouvons pas faire autrement que de correspondre à leurs attentes, alors nous en sommes irrités. Cela va contre notre dignité. Lorsque nous sommes dominés par nos émotions ou nos habitudes, nous nous sentons mal aussi. Nous avons aujourd’hui, certes, une liberté extérieure, politique ; mais dans le rapport aux autres, bien des gens ne se sentent pas libres, ils se sentent liés par des contraintes extérieures résultant de leur situation, déterminés par les attentes de leur entourage et de la société. Ils n’osent pas s’en libérer et nager à contre-courant, dire librement ce qu’ils pensent. Ils se demandent ce que les autres attendent d’eux, ce qu’ils penseraient si… Ils ne sont pas eux-mêmes, et s’efforcent d’être tels que les autres voudraient qu’ils soient. Mais dans ces conditions je ne pourrai jamais devenir un être authentiquement humain, jamais je ne découvrirai qui je suis en réalité.
Dans leur communauté, les anciens Germains jouissaient de la liberté, de la plénitude des droits, de l’acceptation et de la protection par le groupe ; aucun lien de dépendance ne restreignait l’expression d’eux-mêmes. Je me sens libre quand je me sens aimé. Je ne suis pas alors obligé de me conformer aux attentes d’autrui ; j’ai le droit d’être tel que je suis. Quand je me sens aimé par un autre être, je peux auprès de lui laisser paraître ce que j’éprouve ; je n’ai pas à craindre en permanence ce qu’il va penser de moi. Je me sens accepté tel quel. Si je me sens réellement aimé dans toute ma façon d’être là, je suis libre de la contrainte de toujours devoir réussir, faire mes preuves, correspondre aux critères de la société.
Pour désigner la liberté, les Grecs usaient de trois mots différents. Eleuthéria, c’est la liberté d’aller où l’on veut, d’agir comme on veut, de faire ce que l’on sent être bon pour soi, sans se laisser restreindre par les prescriptions et les attentes des autres. Parrhésia, c’est la liberté de parole. On va peut-être trouver qu’il n’y a rien d’extraordinaire : en démocratie, on a le droit, en effet, de dire ce que l’on pense. Mais que de fois on ne s’en aligne pas moins sur les autres ! Je connais un être très doué, et qui a de bons certificats. Or il ne trouve pas de travail, parce que avant tout entretien préliminaire il se demande cent fois ce que le chef du personnel va penser de ce qu’il dira, si cet homme ne le trouvera pas névrosé au cas où il emploierait tel ou tel mot. Il n’a pas sa liberté de parole. Libres, nous commençons à l’être quand nous pouvons nous montrer tels que nous sommes, quand nous sommes capables d’exprimer notre vérité en face des autres. Le troisième mot, autarkia, désigne le fait de disposer de soi-même, de s’autodéterminer. Je peux décider moi-même de ce que je veux, de ce que je mange et en quelle quantité, ou quand je vais jeûner. Ce sentiment de liberté intérieure, d’être mon propre maître, fait essentiellement partie de la dignité de l’homme. Bien des gens aujourd’hui sont mus par des besoins maladifs ; l’ange de la liberté leur ferait du bien, en les aidant à se redresser et à disposer librement d’eux-mêmes.
Une femme s’est éprise d’un homme ; or celui-ci ne veut rien savoir d’elle. Bien qu’elle sache que cette relation n’a aucune chance, et qu’elle puisse tout juste se faire du mal à elle-même, elle ne parvient pas à se détacher de lui. Elle aurait besoin de l’ange de la liberté pour recouvrer sa dignité et le sentiment qu’elle a malgré tout une valeur en elle-même, qu’elle n’a pas besoin de courir après cet homme. D’autres se sentent à l’étroit, emprisonnés dans le mariage, la famille, la communauté, privés d’espace pour respirer. Eux aussi auraient besoin de l’ange de la liberté pour se sentir libres même dans leur enfermement. La liberté intérieure me dit que nul ne peut disposer de mon véritable Soi. Elle me fait don de l’indépendance dans l’amitié aussi. Je ne me définis pas par rapport aux autres ; je reste moi-même. Une telle liberté est nécessaire à la réussite d’une amitié, d’un mariage. Quand deux êtres sont collés l’un à l’autre, quand ils doivent s’assurer sans cesse de ce que l’autre pense, un tel confinement empêche la relation d’accéder à la maturité. Dans tout engagement, je garde un besoin de liberté ; je m’engage librement, et dans l’engagement je reste libre ; il est en moi un espace dont nul ne peut disposer. Je souhaite, ami lecteur, que l’ange de la liberté te fasse don d’une telle liberté intérieure, afin que tu puisses t’éprouver comme un être vraiment libre, et vivre debout.
 
 



Anselm Grün, Petit traité de spiritualité au quotidien

Illustration : Nancy Noël
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L'univers est un champ : 
on y récolte ce qu'on y sème.

Ce n'est pas parce qu'on a une fois planté et récolté des ronces, qu'il faut renoncer à y planter 
quoi que ce soit.
 



Que désirer ? 
Que demander ?

Que semer qui apporte notre épanouissement et celui d'autrui ?



Voilà les questions fondamentales



Olivier Clerc
 




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