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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 01:44

 

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           La nuit était tombée, les dernières rafales de vent avaient lavé le ciel et je sortis sous le firmament. Le regard montait, montait, se perdait dans les milliards d’étoiles scintillantes, où certainement d’autres êtres pensants
devaient essayer de comprendre, de survivre.
 
« Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. » (Saint-Exupéry)
 
Ma religion, la source de ma vie spirituelle, était ici neige et glace, fatigue et émotion devant la bête prise au piège, devant l’oiseau qui s’arrêtait et me regardait d’un œil rond rempli d’étonnement.Elle était la peau de castor qui séchait sur le mur, le feu qui ronronnait doucement dans le poêle, faussement apprivoisé, et tous ceux auxquels je pensais avec tendresse.C’était le cœur du présent, la dignité de l’instant où chaque geste prend l’aspect d’une prière.
 
Je commençai à lutter contre mes peurs, réflexes crispés pour se protéger de la vie, pour couver mes propres insuffisances. Me lancer en plein Bois plongé dans la noirceur, avec les bruits inquiétants, l’obscurité noyant les formes et les contours, était encore au-dessus de mes forces, mais je m’obligeai à marcher lentement autour de la maison. Chaque jour, j’apprendrai à m’éloigner un peu plus des lumières. Ce soir-là, je ne barricadai pas ma porte avant d’aller me coucher, détail insignifiant mais qui me préparait à accepter l’inconnu.
 
Le lendemain, mon rituel du matin fut empreint de sérénité. Il me semblait devoir être attentive à chaque geste, verser l’eau bouillante sur le  café, couper une tranche de pain, manger en savourant chaque bouchée, pour laisser mon esprit, paisible comme l’eau, ne pas troubler par une agitation  cérébrale l’éclat de mon émotion de la veille. Ne rien changer à l’écoulement  du jour, mais le vivre avec plus d’intensité.
 
Je montai au lac de Huard déneiger les collets et les pièges ; le vent était totalement tombé, le ciel avait retrouvé sa belle couleur outremer, mais la tempête avait laissé ses empreintes. La neige collante et mouillée s’affaissait par plaques et alourdissait les raquettes ; par moments, de longs frissons parcouraient la forêt parsemée de branches brisées, d’arbres couchés au travers de la trail. Et pourtant la vie du Bois s’était ranimée, milles petites pattes avaient repris leurs courses, oublieuses des jours tourmentés à rester cachées à l’abri d’une souche ou d’un terrier. Je repérais les emplacements par la force de l’habitude, sous l’épaisse couverture de neige compacte. La tournée fut longue et fatigante, et je retrouvai la maison avec satisfaction.
 
Là, les membres détendus et pesants de fatigue, je laissai mes pensées reprendre leur vol tandis que lentement le jour s’obscurcissait, envahissant la pièce d’une ombre protectrice et qu’à l’horizon apparaissait, scintillant et délicat, le dernier quartier de lune.
 
Je pensais à Claude dont l’arrivée prochaine me réjouissait, mais sans hâte inquiète, avec une émotion calme. Ce qui nous rapprochait me devenait plus clair et j’y voyais désormais non plus le risque de perdre ma personnalité au profit de l’harmonie du couple, mais la chance de poursuivre ensemble la même recherche. Une partie de moi, la plus intense, avait commencé à vivre, et j’éprouvais une grande joie de pouvoir la partager avec quelqu’un qui m’était cher. Qu’il eût déjà ressenti ce que je venais de découvrir me semblait évident, et je lui savait gré de l’avoir gardé secret, pour me laisser seule m’en pénétrer. Que le sentiment qui nous liait soit de l’amour, que le futur nous réservât ou non des aventures communes «était moins important pour moi que le fait de savoir que son existence m’émouvait, au sens premier du terme, m’aidait à avancer.
 
Car je ne doutais pas que les jours prochains connaitraient de nouvelles inquiétudes, de nouveaux doutes. Je n’avais pas trouvé le bonheur, une terre définitive où me coucher pour dormir, mais une force pour aller de l’avant, pour apprendre au travers des obstacles à vivre plus proche, plus digne de la Grâce que je portais en moi.Je n’étais pas cuirassée contre la peur ou le découragement, je devinais que je devrais même m’y exposer. Je pressentais des combats plus rudes que ceux que j’avais connus jusque là, des heures amères qui, toujours, me pousseraient de l’avant. Ces douleurs, il me faudrait apprendre à les aimer, comme les contractionsd’un accouchement. Je pensais à tous ceux qui se débattaient dans l’angoisse de vivre, et je m’avouais que c’était une chance de ne connaître ni confortable ennui ni acceptation résignée de ma misère morale. La douleur nous poussait un jour à briser ce qui nous tenait à genoux, une force obscure nous entrainait vers la lumière que nous gardons enfouie en nous. Des phrases lues ces derniers jours me revenaient avec force en mémoire comme des messages prémonitoires :
 
« On n’est pas grand dans la satisfaction de soi-même. L’homme qui voudrait penser purement avait d’abord à être… Mais hélas ! Comment faire aujourd’hui pour démêler en soi ce qui est nécessité et ce qui est contingence, ce qu’on a hérité tel quel et ce qu’on s’est acquis à soi-même, ce qui en nous exprime vraiment l’être et ce qui exprime l’être social ?... On ne pense pas d’occasion. »  (C.F. Ramuz)
 
Parce qu’il poursuivait la même quête, par ce que je sentais en lui d’inflexible, la présence de Claude à mes côtés, dans mes pensées, écartait de moi mes propres complaisances. Notre relation me semblait fondée sur le partage d’une même recherche, et, si elle m’apportait une profonde joie du cœur, elle devenait aussi un peu le témoin de mon évolution. Ainsi ma tendresse, libérée des craintes d’être à nouveau prise au piège, pouvait s’épanouir librement.
 
 
 
 
 
 
 
Photo : eric vuong
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 00:41

 

 

 thomy-keat-copie-1.jpg

 
 
  Chaque fois que tu te sentiras perdue, indécise, pense
aux arbres, souviens-toi de leur façon de pousser.

Souviens-toi qu'un arbre avec beaucoup de feuillage et
peu de racines peut être déraciné au moindre coup de vent,
tandis que, dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de
feuillage, la sève court difficilement.

Racines et feuillage doivent pousser dans les mêmes
proportions, tu dois être dans les choses et au-dessus,
ainsi seulement tu pourras offrir ombre et refuge, te
couvrir de fleurs et de fruits quand ce sera la saison.

Quand plusieurs routes s'offriront à toi, et que tu ne
sauras pas laquelle choisir, n'en prends pas une au hasard,
mais assieds-toi et attends.

Respire profondément, avec confiance, comme le jour où
tu es venue au monde, sans te laisser distraire par rien.
Attends encore et encore.

Ne bouge pas, tais-toi et écoute ton cœur.
Puis quand il te parlera, lève-toi et va où il te porte.


 
 
 






Susanna Tamaro, va où ton cœur te porte
Photo : thomy keat
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 00:00

 

teuku-jody-zulkarnaen.jpg

 
 « Je suis le Roi de Salem », avait dit le vieillard.
« Pourquoi un roi bavarde-t-il avec un berger ? demanda le jeune homme, gêné, et plongé dans le plus grand étonnement.
-Il y a plusieurs raisons à cela. Mais disons que la plus importante est que tu as été capable d’accomplir ta Légende Personnelle. »
Le jeune homme ne savait pas ce que voulait dire « Légende Personnelle. »
« C’est ce que tu as toujours souhaité faire. Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle.
« A cette époque de la vie, tout est clair, tout est possible et l’on n’a pas peur de rêver et de souhaiter tout ce qu’on aimerait faire de sa vie. Cependant à mesure que le temps s’écoule, une force mystérieuse commence à essayer de prouver qu’il est impossible de réaliser sa Légende Personnelle. »
Ce que disait le vieil homme n’avait pas grand sens pour le jeune berger. Mais il voulait savoir ce qu’étaient ces « forces mystérieuses » : la fille du commerçant allait en rester bouche bée.
« Ce sont des forces qui semblent mauvaises, mais qui en réalité t’apprennent comment réaliser ta Légende Personnelle. Ce sont elles qui préparent ton esprit et ta volonté, car il y a une grande vérité en ce monde : qui que tu sois et quoi que tu fasses, lorsque tu veux vraiment quelque chose, c’est que ce désir est né dans l’Ame de l’Univers. C’est ta mission sur la Terre.
-Même si l’on a seulement envie de voyager ? Ou bien d’épouser la fille d’un négociant en tissus ?
-Ou de chercher un trésor. L’Ame du Monde se nourrit du bonheur des gens. Ou de leur malheur, de l’envie, de la jalousie. Accomplir sa Légende Personnelle est la seule et unique obligationdes hommes. Tout n’est qu’une seule chose.
« Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. »
 
Ils gardèrent le silence pendant un moment, à observer la place et les passants. Le vieux fut le premier à reprendre la parole :
« Pourquoi gardes-tu des moutons ?
- Parce que j’aime voyager. »
Il montra un marchand de pop-corn, avec sa carriole rouge, dans un coin de la place.
« Cet homme aussi a toujours voulu voyager, quand il était enfant. Mais il a préféré acheter une petite carriole pour vendre du pop-corn, amasser de l’argent durant des années. Quand il sera vieux, il ira passer un mois en Afrique. Il n’a jamais compris qu’on a toujours la possibilité de faire ce que l’on rêve.
-Il aurait dû choisir d’être berger, pensa le jeune homme, à haute voix.
-Il y a bien pensé, dit le vieillard. Mais les marchands de pop-corn sont de plus grand personnage que les bergers. Les marchands de pop-corn ont un toit a eux, tandis que les bergers dorment à la belle étoile. Les gens préfèrent marier leur fille à des marchands de pop-corn plutôt qu’à des bergers. »
Le jeune berger sentit un pincement au cœur, en pensant à la fille du commerçant. Dans la ville où elle vivait, il y avait surement un marchand de pop-corn.
« Pour finir ce que les gens pensent des marchands de pop-corn et des bergers devient plus important pour eux que la Légende Personnelle. »
-Pourquoi me dites-vous ces choses ?
-Parce que tu essaie de vivre ta Légende Personnelle. Et que tu es sur le point de renoncer.
-Et vous apparaissez toujours dans ces moments –là ?
-Pas toujours sous cette forme, mais je n’y ai jamais manqué. Parfois j’apparais sous la forme d’une bonne idée, d’une façon de sortir d’affaire. D’autres fois, à un instant crucial, je fais ensorte que les choses deviennent plus faciles. Et ainsi de suite ; mais la plupart des gens ne remarquent rien. »
« Les gens apprennent très tôt leur raison de vivre, dit le vieillard avec, dans les yeux, une certaine amertume. C’est peut-être pour cette raison même qu’ils renoncent aussi très tôt. Mais, ainsi va le monde. »
 
 
 
Paulo Coelho, L’alchimiste
Photo : teuku jody zulkarnaen
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21 septembre 2007 5 21 /09 /septembre /2007 00:34


Fred Goldsmith
               Me voilà en train de tenir le journal à la hauteur de Morrie, pour qu’il puisse lire :
     
  
    Je ne veux pas qu’on inscrive sur ma tombe :
   « Je n’ai jamais possédé une chaîne de télévision. »
 
         
              
 Morrie éclate de rire et puis secoue la tête. Derrière lui, le soleil matinal entre maintenant par la fenêtre, et tombe sur les fleurs roses de l’hibiscus posé sur son rebord. C’est une citation de Ted Turner, le milliardaire des médias, fondateur de CNN. Il se plaint de ne pouvoir mettre la main sur la chaîne CBS, et de rater ainsi le contrat du siècle. J’ai apporté cet article à Morrie, ce matin. Si un jour Turner se trouvait dans la même 
situation que mon vieux professeur, avec le souffle qui s’amenuise, le corps qui se pétrifie, si ses jours diminuaient l’un après l’autre, comme si on les barrait sur un calendrier, serait-il vraiment capable de pleurer pour une chaîne de télévision ?
                « C’est toujours la même histoire, Mitch, dit Morrie. On investit dans des choses qui n’en valent pas la peine, et on finit par mener des vies décevantes. Je pense que nous devrions parler de cela. »
                Morrie est particulièrement concentré. Il a ses bons et ses mauvais jours maintenant. Aujourd’hui est un bon jour. La veille au soir, un groupe de chanteurs a capella est venu lui faire l’aubade. Il me raconte la soirée avec enthousiasme comme si les Ink Spots eux-mêmes lui avaient rendu visite. Morrie a toujours eu l’amour de la musique, même avant sa maladie, mais maintenant ce sentiment est devenu si intense qu’il l’émeut aux larmes. Parfois, le soir, il écoute de l’opéra, les yeux fermés, se laissant porter par la magnificence des voix, tantôt profondes, tantôt aériennes.
                « Comme j’aurai aimé que tu entendes ce groupe, hier soir, Mitch. Quelles voix ! »
                Morrie a toujours aimé les plaisirs simples, chanter, rire, danser. Maintenant, plus que jamais, les choses matérielles ont perdu de leur importance à ses yeux. Quand les gens meurent, on entend toujours cette expression : « vous ne l’emporterez pas avec vous. » Morrie le sait, semble-t-il, depuis bien longtemps.
                « Il y a une sorte de lavage de cerveau dans ce pays, soupire Morrie. Tu sais comment on s’y prend pour laver le cerveau des gens ? On répète sans arrêt la même chose. C’est ce qu’on fait dans ce pays. C’est bien d’avoir des choses à soi. C’est bien de gagner toujours plus d’argent, de posséder de plus en plus, de vendre et d’acheter toujours plus. Toujours plus. Toujours plus ! C’est ce que nous répétons, et qu’on nous répète sans cesse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne pour penser autrement. L’Américain moyen a l’esprit tellement embué par tout cela qu’il n’a plus la moindre idée de ce qui est vraiment important.
                « Partout dans ma vie, j’ai rencontré des gens avides de nouveauté. Avides d’une nouvelle voiture. Avides d’une nouvelle maison, ou du dernier jouet à la mode. Ensuite, ils veulent absolument que vous sachiez : « Devine ce que j’ai acheté ? Devine ce que j’ai acheté ? »
                « Tu sais ce que j’ai toujours pensé de cela ? Ces gens sont tellement affamés d’amour qu’ils acceptent n’importe quel substitut. Ils serrent dans leurs bras des choses matérielles dans l’espoir d’être payés en retour. Mais cela ne marche jamais. Aucun bien matériel ne peut remplacer l’amour, la douceur, la tendresse ou le sens de la camaraderie.
« L’argent ne remplace pas la tendresse, pas plus que le pouvoir d’ailleurs. Je te le dis, moi qui suis assis là au seuil de la mort, quand tu en as le plus besoin, ce n’est pas l’argent ni le pouvoir, même si tu en a beaucoup, qui te procurent le bonheur que tu attends. »
                Je jette un coup d’œil sur le bureau de Morrie. Il n’a pas changé depuis le premier jour où j’y suis entré. Les livres sont à la même place sur les étagères. Il y a toujours le même vieux bureau couvert de piles de papiers. Il n’y a eu aucune amélioration, aucune remise à neuf dans les autres pièces. En fait à l’exception du matériel médical, Morrie n’a rien acheté de neuf depuis très très longtemps, peut-être depuis des années. Le jour où il a appris qu’il était en phase terminale, il a perdu tout intérêt pour son pouvoir d’achat.
                Ainsi, il y a toujours la même vieille télévision, Charlotte a toujours la même vieille voiture, et il en va de même pour la vaisselle, l’argenterie et les serviettes de toilette. Pourtant la maison a changé du tout au tout. Elle s’est remplie d’amour, d’échanges, d’enseignement. Elle s’est remplie d’amis et de proches, d’honnêteté et de larmes. Elle s’est remplie de collègues, d’étudiants, de maîtres de méditation, de thérapeutes, d’infirmières, et de chanteurs a capella. Elle est devenue, dans le vrai sens du terme, une maison riche, même si le compte en banque de Morrie se vide rapidement.
                « Dans ce pays, il y a une énorme confusion entre ce qu’on veut et ce dont on a besoin, dit Morrie. On a besoin de manger, mais on veut une glace au chocolat. Il faut être honnête avec soi-même. On n’a pas besoin de la dernière voiture de sport, on n’a pas besoin d’avoir la maison la plus grande.
                « La vérité est que ces choses ne nous donnent pas satisfaction. Tu sais ce qui donne vraiment satisfaction ? »
                Quoi ?
                « Offrir aux autres ce que tu as à donner. »
                Vous parlez comme un boy-scout.
                « Je ne parle pas d’argent Mitch. Je parle de ton temps, de ton intérêt. Des histoires que tu racontes. Ce n’est pas si difficile. Il y a un centre du troisième âge qui s’est ouvert près d’ici. Des dizaines de personnes âgées viennent là tous les jours. Si vous êtes jeune, homme ou femme, et que vous savez faire quelque chose, on vous invite à venir et à l’enseigner. Supposons que tu connaisses l’informatique. Tu vas là-bas et tu leur enseignes l’informatique. On t’accueille à bras ouverts. Et, on déborde de reconnaissance. C’est comme cela que l’on commence à se respecter soi-même, en offrant ce que l’on a.
                « Il existe des tas d’endroits où l’on peut faire cela. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de talent. Les hôpitaux et les asiles sont pleins de personnes seules qui veulent seulement de la compagnie. Tu joue aux cartes avec un vieillard solitaire et tu éprouves un sentiment nouveau de respect pour toi, parce qu’on a besoin de toi.
                               « Tu te souviens de ce que j’ai dit à propos du sens de la vie ? Je l’ai noté, mais maintenant je peux le réciter par cœur. Consacre-toi à l’amour des autres, consacre-toi à la collectivité qui t’entoure, et consacre-toi à la création de quelque chose qui te donne un but et un sens.
                « Tu as remarqué, ajoute-t-il avec un large sourire, il n’y a pas la moindre allusion à un salaire. »
                Je note quelques uns des propos de Morrie sur un bloc. Je ne veux surtout pas qu’il voit mes yeux, qu’il sache ce que je pense. N’ai-je pas, depuis l’université, passé le plus clair de mon temps à courir précisément après les choses qu’il fustige ? Des jouets de plus en plus grands, des maisons de plus en plus belles. Comme je travaillais dans un milieu d’athlètes riches et célèbres, je me suis convaincu que mes besoins étaient réalistes, et que mes appétits n’étaient que peu de chose à côté des leurs.
                Je me cache derrière un écran de fumée, et Morrie ne s’y trompe pas.
                « Mitch, n’essaie pas de frimer en face des gens qui ont mieux réussi que toi, de toute façon ils te regarderont de haut. N’essaie pas non plus de frimer en face de ceux qui ont moins bien réussi que toi, ils t’envieront, c’est tout. Cela ne te mènera nulle part. Seul un cœur ouvert te permettra d’être à l’aise avec tout le monde. »
Il s’arrête et me regarde.
« Je vais mourir, n’est-ce pas ? »
Oui.
« Pourquoi crois-tu que j’attache tant d’importance aux problèmes des autres ? N’ai-je pas ma dose de souffrance et de douleur ?
« Bien sûr que j’ai ma dose. Mais si je me sens vivant, c’est parce que je donne aux autres. Ce n’est pas à cause de ma voiture ou de ma maison. Ce n’est pas non plus à cause de ce que je vois dans la glace. Quand je donne de mon temps, quand je réussis à arracher un sourire à quelqu’un qui est triste, jamais je ne me sens aussi bien.
« Fais ce qui te viens du cœur. Tu ne seras pas insatisfait, tu ne seras pas envieux, tu ne chercheras pas à obtenir ce qu’ont les autres. Au contraire, tu seras comblé par tout ce qui te sera donné en retour. »
Il tousse et essaie d’atteindre la petite cloche posée sur la chaise. Après plusieurs essais infructueux, je finis par la prendre et la lui mettre dans la main.
« Merci », chuchote-t-il. Im la secoue faiblement, essayant d’attirer l’attention de Connie.
« Ce Ted Turner, dit Morrie, il n’a rien trouvé de mieux à mettre sur sa tombe ? »
 

Chaque soir, quand je m’endors,
je meurs. Et le lendemain matin, au
réveil, je reviens à la vie.

Gandhi





Mitch Albom, La dernière leçon

Photo : Fred Goldsmith
 

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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 01:18

 

 

Vendredi matin, 9 heures. 


On se plaint beaucoup de l’obscurité le matin. Mais c’est parfois la meilleure heure de ma journée : quand le jour commençant s’encadre, grisâtre et silencieux, dans mes fenêtres blêmes. Seule tache de lumière vive dans toute cette grisaille, ma petite lampe dont l’abat-jour étincelant illumine le grand plateau noir de mon bureau. En tout cas, la semaine dernière, c’était bien ma meilleure heure. J’étais plongée dans l’ Idiot, j’inscrivais avec beaucoup de sérieux la traduction de quelques lignes dans un cahier, prenais quelques notes de lecture rapides, et tout à coup dix heures sonnaient. Je me disais : oui, c’est ainsi qu’il faut travailler, avec cette concentration, voila la solution. Ce matin, paix profonde en moi. Comme après une tempête. Le calme revient toujours. Après des jours de vie intérieure intense, de recherche de la clarté, d’accouchement douloureux de phrases et de pensées qui refusent de venir au monde, d’énormes exigences vis-à-vis de moi-même et de priorité absolue à la recherche d’une forme personnelle, etc. Soudain tout cela s’écarte de moi, une fatigue bienfaisante descend sur mon esprit, la mêlée a pris fin pour faire place à une sorte de douceur, même vis-à-vis de moi-même ; un voile m’enveloppe et les échos de la vie me parviennent étouffés, plus aimables aussi. Et je me sens imbriquée dans la vie. Ce n’est plus moi en particulier qui veux ou dois faire telle ou telle chose : la vie est grande, bonne, passionnante, éternelle, et à s’accorder tant d’importance à soi-même, à s’agiter et à se débattre, on passe à côté de ce grand, de ce puissant et éternel courant qu’est la vie. Ce sont de ces moments – et ils m’emplissent de gratitude – où toutes les aspirations personnelles tombent, où ma soif de savoir et de connaissance s’apaise et où, d’un large coup d’aile, un petit peu d’éternité vient me survoler. Je sais parfaitement, bien sûr, que ces dispositions ne durent pas. Elles auront peut-être disparu dans une demi-heure, mais j’y aurai tout de même puisé des forces. Cette douceur, cette dilatation de l’être sont-elles dues aux six cachets d’aspirine que j’ai pris hier soir pour combattre une forte migraine, au jeu de Mischa ou au corps chaud de Han où je me suis littéralement ensevelie cette nuit ? Qui pourra le dire, et qu’importe ? Ces cinq minutes m’appartiennent encore. Dans mon dos la pendule fait tic-tac. Les bruits de la rue m’atteignent comme un lointain ressac. Une lampe ronde à lumière blanche, chez les voisins d’en face, perce le jour livide de ce matin pluvieux. Ici, devant le grand plateau noir de mon bureau, je me sens comme une île, à l’écart du monde. La jeune Marocaine aux cheveux noirs fixe le matin grisâtre d’un regard sombre, grave, animal et serein à la fois(*). Qu’importe si j’étudie une page de plus ou de moins ? L’essentiel est d’être à l’écoute de son rythme propre et d’essayer de vivre en le respectant. D’être à l’écoute de ce qui monte de soi. Nos actes ne sont souvent qu’imitation, devoir supposé ou représentation erronée de ce que doit être un être humain. Or la seule vraie certitude touchant notre vie et nos actes ne peut venir que des sources qui jaillissent au fond de nous-mêmes. Je le dis en cet instant avec beaucoup d’humilité et de gratitude et je le pense profondément (même si je sais que tout à l’heure je serais redevenue rebelle et écorchée vive) : « Mon dieu, je te remercie de m’avoir faites comme je suis. Je te remercie de me donner parfois cette sensation de dilatation, qui n’est rien d’autre que le sentiment d’être pleine de toi. Je te promets que toute ma vie ne sera qu’une aspiration à réaliser cette belle harmonie, et à obtenir cette humilité et cet amour vrai dont je sens en moi la possibilité à mes meilleurs moments. » Et maintenant, desservir le petit déjeuner, finir de préparer la leçon de Levi, et un peu de make-up sur le museau.
 
 
Etty Hillesum, Une vie bouleversée
 
(*) : Il s’agit d’une statuette ou d’un portrait qu’Etty avait sur son bureau ; elle y fait plusieurs allusions dans son journal.
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 21:44
Jerry-Beasley.jpg


Commence alors le long calvaire de l’ignorance : une vie d’homme.


Tout ce qui te rencontre dès lors, tu le prendras pour la réalité absolue. Tous les grimages, tous les masques, toutes les mascarades de la société et ses valeurs, les règles de jeu, les brouillages, les compromissions, tout est dès lors monnaie comptante. Le premier homme et la première femme rencontrés – père, mère – sont tes dieux et marquent ta cire encore molle d’empreintes indélébiles. Leurs blessures deviennent les tiennes.  Cent fois la biographie te happe, cent fois tu en réchappes, cent fois elle te reprend pour te moudre et te broyer. Tu dis »ma femme, mon mari, mes enfants, mon chien, ma maison ». Tu dis « mon boulot, ma brosse à dents ». Tu dis « mon foutu caractère, ma veine ou ma déveine, ma carte d’identité, mes habitudes ». Tu le dis mais tu sens bien derrière ces phonèmes l’haleine du vide. Tu sens bien que de tout cela tu n’as rien, que tu tâtonnes dans l’inconnu, les mains tendues, moites, anxieuses. Tu te cognes à des coins de meubles dans des chambres inconnues. Déjà tu ne reconnais plus rien de ce qui un instant plus tôt te paraissait familier, et c’est la peur au ventre, lancinante, qui te reste, bien familière, bien à toi… elle, oui, t’appartient. Elle est tapie dans le gargouillis des entrailles. La même qu’autrefois lorsque tu jouais à colin-maillard avec les enfants des voisins. Chaque fois que tu croyais tenir un pan de vêtement, on te le lâchait, vide, entre les mains ; les rires t’égaraient, les frôlements t’appâtaient, les mains que tu croyais saisir te repoussaient, le tourbillon de l’épouvante grandissait, te vrillait dans un espace de plus en plus trompeur, étroit. Et quand même on finissait par t’ôter le bandeau pour que tu cesses au moins de pleurer, le monde que tu retrouvais était changé. Désormais tu n’avais plus confiance en lui, il t’avait révélé sa face croassante et grimaçante, sa gargouille. Tu n’oublieras plus. La mauvaise mémoire prend grand soin des choses terribles et méchantes. Elle ne les rend plus, elle les conserve au vinaigre de la rancœur.
La biographie te tient longtemps lieu de vie – tu les confonds toutes deux – et l’enfer de cette méprise barre le passage vers l’autre mémoire. Chaque souffrance neuve serre un tour de vis supplémentaire. L’invisible geôlier ricane.
            Pourtant ton cœur est généreux. L’espoir te soulève, le désespoir l’écrase – mais la vie te jette d’une falaise à l’autre, de l’espoir au désespoir – et fracasse ton corps entre leurs rochers. Tantôt c’est l’espoir qui te saisit, l’espoir qu’il y a encore quelque chose à sauver et que tu vas y réussir. Il y a en toi une force salvatrice qui t’enlumine mais te rend tout aussitôt impatient, dur, à force d’espoir ! Cette part du monde qui s’oppose à la lumière, tu la pulvériseras. La nouvelle croisade est commencée ! Il existe un espoir qui t’envenime. Voilà ! Sauras-tu un instant supporter cette révélation, y rester assis, les mains sur les genoux, comme les vieux transformés en pierre sur les bancs publics, Sauras-tu supporter la conscience que l’espoir d’un monde meilleur pulvérise ses ennemis, anéantit le monde tel qu’il est, le veut rompu, annihilé ? Espoir féroce des croisades anciennes et neuves !
Mais tout aussitôt c’est le ressac du désespoir qui te reprend. Tu lis dans un quotidien : Montée du fascisme en Europe. Ton cœur lâche. Ténèbres, le monde s’éteint autour de toi. Un voile descend sur toute chose créée – un voile opaque. Le démon s’éveille, s’étire, ronronne dans ce monde de haine, de voracité, de rapacité, descendu si bas qu’aucun soubresaut ne le fera remonter. Cet enfant par exemple, cet enfant que tu observais hier à la terrasse d’un café, l’œil si clair, extasié devant une cascade de bougainvillées, voilà que son père vient l’arracher à sa contemplation et le cale sous son bras comme un sac de farine volé, l’emporte en grommelant des blâmes « tu vois pas que… les gens, les voitures… il ne faut pas ». C’est l’humanité que l’ogre emporte sous le bras dans un grognement de menaces. Tu n’es pas né pour regarder les fleurs mais pour végéter avec nous dans le vase. Il faut que tu le saches. Tu ne vivras pas ! Tu es des nôtres. D’abord viens manger ton escalope ! Mère et père se relaient alors pour pousser entre les lèvres de l’enfant des morceaux de viande qu’il recrache tout d’abord avant de commencer de les mâcher lentement, les yeux perdus dans le vide, vaincu. Voilà de quoi je suis témoin – le désespoir m’englue.
Mais qu’est-ce que j’attends donc sur cette terre ? Un résultat immédiat à mes élans généreux ? Un revirement instantané ? Le salut devrait donc être un laquais qui se présente aussitôt que j’agite la clochette ? Ah, que serait un monde qui répondrait illico au claquement de doigts du petit maître que je suis ? Ah, cesse, cesse d’être ce pantin balloté entre l’espoir et le désespoir ! Fais halte !
(…)
Etre plein d’espoir au cœur d’un désespoir total, appréhender l’unité parfaite de l’espoir et du désespoir ! Même la séparation que tu vis est inévitable, elle n’est pas pour autant l’unique réalité. Quand tu espères, tu es la part du monde qui espère, et quand tu désespères, tu es la part du monde qui désespère ! C’est tout.
Aujourd’hui, en regardant, assise devant ma maison, le vent dans le grand tilleul, j’ai compris que tout est déjà parfait, mieux : que rien n’est pas encore tout à fait parfait, que l’imperfection est le produit de mon esprit, l’écharde d’une attente, d’un espérance vaine dans la chair glorieuse de la Création.
Cela je le savais à quatre ans devant les platanes de la maternelle. Mais pour retrouver la même qualité de ce qu’on avait perçu dès le début, il faut avoir fait le grand, le fou, le féroce détour par l’existence.
La mémoire lumineuse a des racines aériennes dans le passé, elle est vivante, imprévue. Elle ne tire pas en arrière, elle pousse en avant. Elle peut suinter partout où on ne l’attend pas – comme le miel suinte du rocher dans le Deutéronome(32).
Un jour, une saveur sur la langue, un lointain murmure, un trébuchement, un frôlement… Ce qui est certain, c’est que cela passe par le corps, par les sens, jamais par le savoir ou la volonté. Cela vient du fond des coulisses de la vie, de quelque coin empoussiéré, jamais visité, trop négligeable pour être exploré.
La madeleine trempée dans le thé, les pavés inégaux de l’hôtel Guermantes, la façon qu’a une inconnue d’écarter une guêpe de son front, (…)
La vraie vie entre en catimini comme un voleur. Ni vu ni connu – elle commence par un frisson soyeux dans les branchages du jardin, un renard qui se faufile – aussi silencieux qu’un « ange timide ». (« Pourquoi ne voit-on jamais Dieu ? » me demande un petit garçon du village. Ma perplexité lui permet d’enchaîner sur la meilleure des réponses : « est-il aussi timide que les renards ? »)
Insaisissables. Voilà comment se réveillent la mémoire et la vie.
Imprévisibles !
Tu tires un fil et tu ne sais jamais ce que tu vas ramener à l’autre bout.
Tu mords dans une madeleine et tout Combray vient avec.
Tu souris à un enfant et c’est le ciel qui s’ouvre.
Tu cherches un timbre, une photo jaunie tombe entre tes mains, te voilà enseveli sous une avalanche de passé.
Tu tires un bout de ficelle et tu tiens un dieu par la patte.
(…)
La mémoire lumineuse ne se rend pas aux grandes parades, elle ne se laisse pas convoquer comme à la caserne, ni préméditer comme un crime. Elle humecte les rochers, les murs lépreux comme les fresques, elle surgit où tu ne l’attends pas, dans le sublime tout comme dans le dérisoire, dans l’immense comme dans l’anodin, elle est au temple comme dans l’armoire à balais, sous une jupe de femme, sous les pattes d’un ours, sous la tiare d’un grand prêtre… Les passeurs d’eau, les passeurs de mémoire sont des passoires d’eau, des passoires de mémoire, ils ne retiennent rien pour eux-mêmes, rien. Si tu en as rencontré sur terre, tu vivras. Ne lâche pas le fil !






Christiane Singer, Où cours-tu? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi?
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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 19:00

DALI






« Le monde que tu vois là, déclara-t-il en tendant le bras vers l’horizon, est une école, Dan. Seule la vie peut enseigner. Elle offre de nombreuses expériences, et si les expériences apportaient par elles-mêmes la sagesse et la plénitude, toutes les personnes âgées seraient des maîtres illuminés et heureux. Mais les leçons des expériences sont cachées. Je peux t’aider à apprendre, à travers les expériences, à voir le monde clairement. En ce moment tu as terriblement besoin de clarté. Ton intuition le sait, mais ton mental se rebelle contre cette vérité ; tu as fait beaucoup d’expériences, mais tu as peu appris. »
Au moment où nous allions regagner le bureau, une brillante Toyota rouge arriva. Tout en ouvrant le réservoir, Socrate continua à parler. « Comme la plupart des gens, tu as été formé à chercher l’information en dehors de toi-même ; dans les livres, les magazines, auprès des experts. » Il introduisit le tuyau de la pompe dans le réservoir. « Tu t’ouvres comme cette voiture et tu laisses entrer les faits. Parfois l’information est du super, parfois de l’ordinaire. Tu achètes la connaissance au cours du marché, exactement comme l’essence. » 
« Ah, merci de me le rappeler ! Je dois payer le prochain trimestre dans deux jours ! »
Socrate se contenta de hocher la tête et continua à remplir le réservoir. Lorsqu’il fut plein, il continua encore. L’essence se mit à déborder et à couler sur le sol.
« Socrate ! Le réservoir est plein… regarde ce que tu fais ! »
Ignorant mon appel, il laissait toujours l’essence couler et dit :  « Dan, tu débordes d’idées préconçues, comme ce réservoir ; tu regorges de connaissances inutiles. Tu détiens nombres de faits et d’opinions, mais tu ne sais presque rien de toi-même. Avant de pouvoir apprendre, il te faudra commencer par vider ton réservoir. » Il me sourit, me fit un clin d’œil, puis ajouta en arrêtant la pompe : « Tu veux bien nettoyer cette saleté ? »
J’eus l’impression qu’il ne me parlait pas seulement de l’essence renversée. Je m’empressai de laver le sol. Soc prit l’argent du conducteur, lui rendit la monnaie avec le sourire et rentra dans son bureau. Il me raconta alors une histoire. 

          Un jour un professeur d’université se rendit dans les hautes montagnes du Japon pour parler à un moine zen renommé. Lorsqu’il le trouva, il se présenta, énonça ses diplômes et demanda à être instruit sur le zen.
« Voulez-vous un peu de thé ? » demanda le moine.
« Oui, volontiers » répondit le professeur. »
Le vieux moine commença à remplir la tasse, puis continua de verser. Le thé déborda sur la table, puis coula par terre.
« Arrêtez ! cria le professeur. Ne voyez-vous pas que la tasse est déjà pleine ? Elle ne peut rien contenir de plus ! »
Le moine répliqua : « Comme cette tasse, vous êtes déjà plein de connaissances et d’idées préconçues. Pour pouvoir apprendre, commencer par vider votre tasse. » 

Socrate me regarda un instant, puis demanda : « Veux-tu un peu de thé ? »
Je ris. « Oserai-je ? »






Dan MIllman, Le guerrier pacifique 
illustration : Dali
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Voilà les questions fondamentales



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