Renoncez
à l'étude et
vous connaîtrez
la paix.
Entre oui et non la frontière est bien mince.
Le bien et le mal sont entremêlés.
La
peur
qu'éprouve le commun des mortels ne doit pas effleurer votre cœur.
Les hommes courent aux festins de la vie.
Ils cueillent les fleurs du printemps, du printemps qui annonce la vie.
Mais moi seul reste
calme, étranger au tumulte,
comme le nouveau-né qui n'a pas encore
souri.
Je suis seul.
Immobile.
Je parais démuni de tout, je parais ignorant, je parais abandonné,
sans but,
sans logis.
La multitude s'affaire à accroître ses biens.
Moi seul ne possède
rien.
L'homme de la foule a des idées sur tout.
Moi seul hésite.
L'homme de la foule est actif, efficace.
Seul, je reste immobile.
Je regarde sans voir.
Mes pensées, égarées, m'échappent pour danser, dans les nuages et le vent, parmi les vagues
de l'océan.
La multitude des hommes s'affaire, réalise, construit.
Je demeure absent, délaissé, inutile.
Et pourtant, mes haillons
cachent la plus grande des richesses.
Seul, je
diffère des
autres.
Je suis l'enfant de la Mère universelle.
L'enfant du Tao.
Lao Tseu, Tao Tö King I
Illustration : A. Andrew Gonzalez


L'univers est un champ :
on y récolte ce qu'on y sème.
Ce n'est pas parce qu'on a une fois planté et récolté des ronces, qu'il faut renoncer à y planter
quoi que ce soit.
Que désirer ?
Que demander ?
Que semer qui apporte notre épanouissement et celui d'autrui ?
Voilà les questions fondamentales
Olivier Clerc

